Clouée au sol, Chloé ôte août de ses solipsismes. Si le ciel s'entrouvre à coups sûrs elle s'élèvera à la surface de la stratosphère sur les ailes sylphides d'un sphinx encore absent et disparu, happé par les serres acérées de rapaces spatiaux qui non seulement le suspendent, mais l'asphyxient sans un son, ni un signe. Jamais le vieux cygne ne saurait s'échapper de ces griffes tenaces et robustes.Plus un souffle dans la cérémonie des passagers malgré si peu de silence. On s'impatiente, on s'indigne, on s'insurge et ainsi l'on s'essouffle. Certaines sottes déposent leurs suppliques dans leur suitcase. Je ne saurai réellement les saborder, sont-ce mes pulsions inhibitrices qui me préservent? N'empêche que cela m'insupporte de plus en plus. Suis-je la nouvelle citoyenne de cette arche si branlante qui j'y sied à merveille? Souhaitez moi donc bonne chance sinon ce cirque stérile pourrait s'inscrire comme première cause de ma confusion spirituelle. Cela dit qui saurait ne pas y souscrire? La belle cohérence s'efface dans l'allitération sonore que provoquent ces stridents passagers. Car, certes nous sommes cloisonnés ici, dans quelques secondes suspendues, claudiquantes et suspectes, mais si la mécanique est contrite qu'y pouvons-nous si ce n'est un capitalisme claustrophobe?
Combien d'écus avez-vous investis dans cette entreprise incapable? Cent euros n'étaient pas assez. SkyEurope requiert certainement six cent milliards de pièces pour combler le déficit de ses comptes criblés de créances. Ô sire, actionnez, actionnez! Même Thessalonique bénéficie d'une activité aérienne plus accrue!
Cette silhouette m'évoque la carrure souple et liquide de Delphine la déesse du désespoir qui à chaque cours de philosophie se plaisait à nous assertir de perles stupides et de monologues décousus. Cependant si aucun inconvénient je n'y voyais, certains l'auraient volontiers catapultée dans d'autres dimensions spatio-temporelles. Ce n'est évidemment pas elle. Les segments de son corps ne peuvent se retrouver en cette simple femme qui ne peut plus souffrir cette si longue attente.
J'attise ma raison, quoique je connaisse l'extension maximale de ma douce patience.
Cessons ces psalmodies à cinq sous, ce n'est certainement pas si insupportable et la solidarité m'insuffle un courage... NON. Un garçon m'assomme avec son câble. Mon épaule saigne, signe de désespoir. C'est triste comme interaction sociale. Je ne souffre qu'un court siècle mais suffisamment pour survivre ensuite. Oui, c'est certain.
Mais bon, cette question ne cesse de surgir dans mon esprit: c'est quand, qu'on s'envole?
